Tes mots m'ont laissé un vide incroyablement profond dans l'abdomen. Tu m'as laissé seule, nue de mots, dans le plus glacial des froids que mon coeur avait connu, frissonnante comme une feuille d'automne tardive à se laisser mourir. Ton regard m'a transpercé comme la plus agile et acérée des lames de rasoir. Le sang s'écoulait de partout, giclait autour de moi sur les murs invisibles de mon désespoir. La seule chose que j'arrivais à faire, c'était de balbutier quelques syllabes qui se seraient transformées en symphonie funéraire. Les papillons qui avaient fait de mon estomac leur existence se sont envolés brusquement, laissant un écho puissant faire vibrer mes entrailles. Personne n'était là. Personne. Y'avait-il déjà eu quelqu'un de toute manière? Permettez-moi d'en douter. Probablement pas, on ne sait jamais à qui on a affaire, n'est-ce-pas? La vie me quittait, lentement, mais sûrement. Je devrais affronter la mort, maintenant. Tu étais tellement insensible à la situation. Ne voyais-tu pas le monde entier s'écrouler entre tes mains? Exploser, puis rebondir sur l'infini? La forte plainte incontrôlable qui secouait mes muscles se relâchait pour ricocher sur mon passé, détruisant chaque seconde de mes souvenirs une à une. Je ne comprenais vraiment plus la vie, le cours des choses, la destinée... Je suis restée là, seule, affrontant ton silence. Le silence le plus bruyant que je n'avais jamais entendu. Un silence tapissé de chaos, de cris de détresse. Un silence ahurissant et insupportable. Mes sanglots ont brisé ce silence. J'étais étourdie. Mes deux mains ont attrapé ma tête qui tournait. Mes doigts se sont refermés sur mes cheveux avec force. J'hurlais. Si fort. J'hurlais de l'intérieur. Je me suis accroupie, immobile, mais je me débattais par en-dedans. Les traits de mon visage se crispèrent. Ma respiration était de plus en plus sacadée. Mes yeux d'une profondeur insondable jetèrent leur dernier coup d'oeil sur toi. J'ai fermé les yeux en étouffant le plus significatif de mes gémissements. Tu m'as rendu folle. Tu m'as rendu folle. Tu m'as rendu folle, maniaque et obsédée. Ta voix résonne, ton rire me hante. Laisse moi partir. Laisse-moi m'envoler. Loin. Très Loin. J'ai envie de courir jusqu'à l'inatteignable, de devenir l'inaccessible. Une larme coule sur ma joue et c'est tout ce que tu en vois. Ma plaie ouverte est invisible. Personne ne voit la crise s'écrire sur mon visage. Le sang qui humidifie mes lèvres ne croisera jamais le chemin de tes prunelles intenses. Laisse mes jointures rendre l'âme et déchirer ma chair. Je veux partir. Je veux partir! Je veux t'oublier. Je veux ne jamais avoir été. Je regrette. Je regrette. Si tu savais comme je regrette. J'ai oublié l'optimisme, le soleil. J'ai oublié l'espoir. Je cohabite avec la mort. Laisse-moi m'envoler comme un papillon. Je serai éphémère. Je n'oublierai pas. Tes mots danseront pour toujours dans mon crâne. Je t'en prie, laisse moi trembler...
::Caro